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L’apnée du sommeil Actualités POLLUTION : PAQUEBOTS et AVIONS

Tu (ne) supporteras (pas seul) ta douleur

 

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 Par  Soline Roy  Publié le 23/09/2019 LE PLAISIR DES LIVRES -

 

Le Pr Laurent et quatorze autres spécialistes du sujet décryptent, dans un livre accessible à tous, 20 idées communément partagées sur la douleur.

«Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille», murmurait Charles Baudelaire. Lancinante ou fulgurante, sourde ou vive, la douleur est toujours subjective, «expérience la plus partagée et la moins partageable», disait le sociologue David Le Breton. À l’origine de l’immense majorité des consultations, elle est un signal d’alarme indispensable mais confus: d’immenses douleurs peuvent signifier un mal aisé à soigner (comme la rage de dents), tandis qu’une pathologie grave peut grandir à bas bruit (c’est le cas des cancers). Et parce qu’elle dépend de paramètres physiques et psychiques, parce qu’une même souffrance ne sera pas vécue de la même façon par deux personnes différentes, elle n’est pas toujours bien prise en charge et est source de très nombreuses idées reçues.

C’est à celles-ci qu’a décidé de s’attaquer le Pr Bernard Laurent, neurologue et président du conseil scientifique de la Fondation Apicil (émanation de la mutuelle du même nom créée pour contribuer à la lutte contre la douleur). Le Pr Laurent et quatorze autres spécialistes du sujet décryptent, dans un livre accessible à tous, 20 idées communément partagées sur la douleur. Leur objectif: aider le lecteur à comprendre ce qu’«avoir mal» signifie, et à mieux connaître les moyens de lutte. Car ils l’affirment d’entrée: «La douleur décrite par le patient doit être reconnue, il doit être cru, que la cause soit identifiée ou non, qu’elle soit réelle ou imaginaire.»

 

Un «véritable échec de la médecine» Plutôt bien prise en charge lorsqu’elle est aiguë, la douleur se fait «complexe et nocive lorsqu’elle devient chronique». Des progrès formidables ont certes été accomplis depuis l’invention de l’anesthésie au milieu du XVIIe siècle, puis la découverte de la morphine, de la codéine et la synthèse du paracétamol au XIXe . Mais la douleur chronique reste, écrivent les auteurs, un «véritable échec de la médecine», démunie devant des patients que rien ne soulage ou alors au prix de risques importants pour leur santé.

 

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Et le code de la santé publique a beau, depuis 2002, consacrer le soulagement de la douleur comme un droit fondamental du patient, un vieux fond de judéo-christianisme continue à nous chuchoter à l’oreille que cette vieille compagne de l’homme serait rédemptrice et qu’il faudrait la supporter le moins bruyamment possible. Pourtant, les armes existent, affirment aussi les auteurs, et elles ne se résument pas aux médicaments antidouleur. «Beaucoup de patients douloureux chroniques qui sont adressés à un psychiatre en déduisent avoir reçu le diagnostic que “c’était psychique” .» «C’est dans la tête»? Oui, possiblement en partie, nous explique-t-on. Cela ne signifie pas que la douleur est niée, mais simplement qu’outre la prise en charge somatique, il peut être utile de travailler sur les causes psychiques de la souffrance, sur l’anxiété ou les fluctuations d’humeurs qui peuvent y être associées, voire sur les douloureux souvenirs qu’elle remue ou révèle.

Car les auteurs l’affirment sans détour: le corps comme l’âme de l’homme recèlent de formidables armes pour lutter contre la douleur. La médecine doit pouvoir les manier tout autant qu’elle puise dans l’armoire à pharmacie.

 

Idées reçues sur la douleur, Dirigé par le Pr Bernard Laurent, Le Cavalier Bleu

 

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